Lampaul-Guimiliau

Découvrir le territoire de Lampaul par ce que m’en montrent et m’en disent les habitants.

Voici les films réalisés à Lampaul -Guimiliau. Je remercie sincèrement  Adèle, Anne-Laure, Antoinette, Jacques, Joëlle, Maria, Olivier, Rachel et Yvette  qui chacun m’ont fait découvrir « leur » lieu, l’ont filmé et sont venus enregistrer leur voix en off.

 

 

 

 

Atelier du jeudi 19 juin

Lions le « je »  à un « nous »,  inscrivons notre voix dans un groupe et parlons d’une voix commune. Ecoutons comme la langue chante autrement.

Tout d’abord, faisons un inventaire de  ces endroits où nous nous reconnaissons dans un groupe, dans un « Nous ».

Ensuite, écoutons des textes écrits à cette première personne du pluriel.

« Certaines n’avaient jamais vu la mer » de Julie Otsuka, « Nous, les vagues » de Mariette Navarro.

Deux tentatives pour dire un destin commun, une parole commune.

Dans le texte de Julie Otsuka, un groupe de femmes japonaises immigrant aux Etats-Unis pour rejoindre des hommes auxquelles elles ont été mariées sans les connaître, évoque ses rêves, ses espoirs puis ses désillusions et la vie quotidienne qui les attend.

Dans le texte de Mariette Navarro, c’est le flux et reflux d’un soulèvement, qui nous évoque fortement le printemps arabe. En le relisant, je pense aussi au conflit qui a eu lieu sur la commune de Lampaul.  Apparaissons, Occupons l’espace public, faisons-nous entendre.  Mais aussi:  que devenons-nous,  après, lorsqu’il faut reprendre la vie quotidienne? En lisant des extraits de ce texte à voix haute, je sens l’écho.

Pour le second texte, Choisissons un Nous,  et donnons-lui la parole.

Voici les textes:

NOUS

Nous, les copains de l’association « Sauvons Lampaul », avons partagé des moments intenses, riches, douloureux mais aussi joyeux, déments, complètement fous

Nous, Stéphane et moi, fusionnels

Nous, Evan et Manon, mes trésors

Nous, mes frères et moi, ils m’en ont fait voir de toutes les couleurs mais moi aussi, parce que j’étais la petite sœur.

Nous, la famille et nos fameuses cousinades.

Nous, les collègues de boulot à nous dévoiler les choses intimes de la vie alors qu’on ne les partage pas avec la famille.

 

 

Nous, les « Irréductibles » avons formé une rébellion, un mouvement, une guerre.

Nous ne nous connaissions pas.

Nous, nous nous sommes rencontrés alors que nous étions déjà ensemble depuis des jours et des années sans nous parler, sans même nous regarder.

Un jour, nous avons décidé que nous allions parler et que nous devions être écoutés.

Alors nous nous sommes levés ! Soulevés.

Nous nous sommes battus et ils se sont tus.

Et ils nous ont virés mais à jamais nous sommes liés.

Joëlle

 

Nous, aux tables de poker

Nous, l’équipe de l’AFPA

Nous, les Repris de justesse

Nous, l’équipe de foot

Nous, les repas de famille

Nous, les ex-Gad

Nous, les copains d’école

Nous, en couple

Nous, l’équipe de la triperie

Nous, les cancéreux

Nous, les accidentés de Perharidy

Nous, les motards

 

Nous, on se connaît depuis quelques années maintenant

Nous étions amis, nous sommes devenus amants

Tu prends mon passé, je prends les enfants et nous serons heureux, pour moi c’est évident

Nous nous sommes engagés, sans signature, sans rien d’officiel

Mais nous allons marcher, main dans la main, vers d’autres soleils

Et nous serons heureux, toi, moi et les deux merveilles

Nous allons montrer à tous ces gens médisants

Que l’amour est possible après quarante ans

Nous serons les rois du monde, nous serons les plus grands

Viens, ma Caro, nous y allons, ça commence maintenant

Jacques

 

 

Nous, les sœurs Caroff

Nous, le théâtre de Lampaul

Nous, mes enfants, mon mari et moi

Nous, papa  t moi

Nous, les amis d’enfance

Nous, les trois mousquetaires

Nous, l’équipe de la bibliothèque

Nous, mes filleules et moi

Nous, mes zados Stéphane et moi

Nous, l’asso de la SENUS

 

On nous a arraché une partie de nous. Nous étions jeunes, trop jeunes. Nous aimons tellement notre maman. Nous sommes tombées, nous nous sommes accrochées les unes aux autres. Nous nous sommes écoutées. Nous sommes rarement au même moment dans la même souffrance. Nous pouvons toujours nous soutenir. Nous sommes très soudées, nous formons un bloc rigide, indestructible. Nous sommes nos repères. Nous avons besoin de l’amour de chacune. Il n ‘y a rien de plus fort qu’un amour maternel, nous essayons toutes les trois à chaque instant de notre vie de nous aimer d’un amour inconditionnel. Nous sommes notre famille. Nous sommes les sœurs Caroff.

Nathalie


 Nous, ma famille et moi

Nous : Association « Sauvons Lampaul »

Nous : mes sœurs et moi

Nous : le conseil municipal

Nous : la joyeuse bande des Irréductibles

Nous : mes amis lointains

Nous : mes amis proches

Nous : mes chaussures, mes sacs à main et moi

Nous : toi et moi

Nous : pas de nous sans toi

Nous : mes emmerdes et moi

Nous : mon âme et mon corps

 

 

Ce rendez-vous et important et nous sommes prêtes à nous exposer afin de faire le bon choix. Sandales, bottes, ballerines, nous sommes encore dans le meuble à chaussures, mais disponibles pour l’essayage.

Nous, les chaussures fantaisie, nous préférons rester en retrait car inappropriées pour cet entretien d’embauche. Cirées, lacées, nous attendons notre sort. La sélection est faite et certaines sont déçues. Ça grogne dans nos boîtes en carton. Nous sommes enfin d’accord. Notre jury est unanime. Les escarpins rouges vernis font très classe et sexy. A peine chaussées, nous nous dirigeons vers la voiture. Ah mince, nous avons oublié notre sac à main

Rachel

 

 

Nous, les adhérentes des séances de sophrologie le lundi à Plourin

Nous, les membres du conseil de gestion de l’associaton R.E.R.S.

Nous, dans les rencontres « Diabiroise », où nous venons pour les mêmes raisons de santé

Nous, dans l’activité de transport scolaire avec les enfants

Nous, les moments partagés avec les petits-enfants, soit en garde ou en promenade

Nous, les personnes ayant adhéré à cette expérience d’écriture et de découverte

Nous, les rencontres anniversaire des petits et autres évènements, Noël ou autres rencontres avec des gens éloignés qui nous rendent visite.

 

Dans notre groupe d’adhérentes aux séances de sophrologie où nous cheminons depuis quelques années, il s’est créé une osmose sans pour autant connaître beaucoup des personnes.

De temps en temps, une expérience de vie est partagée et retient toute notre attention

Nous sommes là pour le bien-être et l’équilibre du corps et de l’esprit.

Nous travaillons sur le corps, « tout passe par le corps physique »,  il faut y être attentif.

Nous utilisons tous les outils qui nous sont appris, « le dépoussiérage des cellules » et nous arrivons à la relaxation et la méditation.

Nous pouvons en tirer beaucoup de bénéfices et nous pensons pouvoir le partager avec les autres.

Tout ceci s’appelle « ZEN »

Antoinette

 

Nous, le club de sophro sommes en communion à chaque séance. Nous respectons les états d’âme de chacun, partageons os expériences perso qui font avancer le groupe.

Nous, commerçants, Ii y a quinze ans, nous nous entendions pour mettre la joie dans nos lieux de travail et de vie sans se marcher sur les pieds.

Nous, parents d’élève, nous étions d’accord pour animer les kermesses et diverses activités. Cela nous apportait beaucoup dans nos relations aux autres.

Nous, salariés chez Gad, apprécions beaucoup de manger et de se poser tranquillement à la cantine (il y a trente ans)

Nous, la famille aimons les retrouvailles et les fêtes de famille.

 

Nous avons tous un cœur et une âme et mettons en commun notre amour inconditionnel pour voir en chacun de nous un être exceptionnel, avec des qualités extraordinaires. A nous tous…

Nous avons vécu chacun d’entre nous, une histoire personnelle dans ce monde impersonnel et voulons transmettre à nos jeunes familles l’espoir d’une vie meilleure pour tous.

 

Adèle

 

 

Nous, les membres du réseau vivons des moments de convivialité chaleureux.

Nous explorons dans le groupe des algues les différentes espèces. Ensuite, nous nous retrouvons à la fin de la marée pour apprendre à cuisiner les algues.

Dans l’atelier jardinage, nous nous sommes retrouvés pour faire ensemble le compostage.

Nous aimons partager des moments forts lors de chants chorals.

 

 

Nous les retraités revendiquons notre place dans la société.

Nous ne voulons pas être assistés.

Nous demandons une retraite décente pour nous et les générations à venir.

Réfléchissons pour construire une nouvelle société ;

Mettons en commun nos réflexions.

Nous, femmes d’agriculteurs, avons-nous les mêmes droits que les hommes ? Nous parlons d’égalité, mais dans le concret, la femme est toujours soumise. Battons-nous, exigeons les mêmes droits.

Maria

 

Atelier du mardi 17 juin

Il s’agit aujourd’hui  de descendre dans sa voix. « Je  » est un « Nous », « Je  » est multiple, en moi résonnent mes voix. Si la voix est singulière, elle se module suivant l’âge, les circonstances, les émotions, les interlocuteurs…Elle se décline à travers cris, chuchotements, enrouements, sanglots, gémissements, rires, chants … Il s’agit d’en explorer les diverses facettes. Pour cela, nous travaillerons l’écriture fragmentaire.

Je  demande que chacun déchire une feuille de papier en au moins sept morceaux. sur chaque morceau  s’écrira un « Eclat de voix ». On fait jaillir ainsi des moments où l’on a senti sa voix, chaque fragment étant un texte indépendant des autres. Ensuite, chacun cherchera l’ordre dans lequel agencer  ces fragments  pour construire  un texte.

Dans une seconde partie, je lis des extraits de « L’air libre« , de Albane Gellé, je choisis ces phrase qui commencent toutes par « Je me tais… ». Et nos entrons ainsi dans un inventaire de « Je me tais… »

Voici les textes:

Eclats de voix

Je voulais suivre ma mère. J’avais deux ans et demi. Elle ne pouvait pas me prendre avec elle. Elle m’a repoussée. Ma voix d’enfant a éclaté, déchirée en mon être, ce refus de ma mère. Ma voix a explosé jusqu’à en perdre le souffle, le souffle de la voix.

Ma voix hurlant de souffrance, ma voix criant l’incompréhension lors de l’explosion de la mine. Ma voix appelant l’aide de ma mère. La voix qui s’est tue à tout jamais. Ma voix disparue, éteinte qui ne pouvait plus s’exprimer. La violence qui m’a fait se taire. Silence…

Ma voix se mêlant aux autres voix d’enfants dans la cour de l’école. Ma voix chantant la chansonnette qui permet d’exprimer son bonheur de vivre. Ma voix vibrant dans ma gorge, ma voix tambourinant dans ma poitrine, ma voix heureuse de vivre, criant la joie d’exister. Qu’il fait bon d’unir sa voix à la voix des autres.

Ma voix adulte, inquiète, apeurée face à l’inconnu, devant la personne dominante. Cette voix qui se décompose, ne sachant pas où s’accrocher, perdant tout repère. La voix étouffée par ce stress, comment puis-je exister dans cet étau ? Où la placer cette voix dans la poitrine ?

Ma voix donnant vie à ce petit vivant. Le cri de vie, la respiration qui s’exprime dans l’aigu mais quel bonheur d’entendre ce petit, la vie qui éclate, la voix perçante qui veut le contact de la maman. La voix rieuse du premier gazouillis qui chante la tendresse communicative. La voix du bonheur.

La voix douloureuse de la séparation. La voix qui provoque, qui s’exprime dans la colère, la voix qui s’éteint, la voix pressée, la voix comprimée dans la poitrine la voix qui se recroqueville.

La voix qui retrouve les amis, la voix qui retrouve de l’assurance, la voix qui donne de la joie. La voix, l’expression de la vie qui  s’éteindra, qui rejoindra la vie.

Maria

 

Une sortie en mer, au large du Conquet, j’ai chanté toute la journée « do you do you Saint-Tropez ». Ma voix a d’une part égayé cette promenade et d’autre part énervé mes amis. Avec un refrain dans la tête, il n’est pas facile de faire de la plongée en apnée. Voix mémorable et agaçante sous le soleil de l’île de Béniguette.

Au cinéma, je m’étrangle de rire, dans une scène humoristique (ou ironique). Je ne peux plus parler. Gros fou rie. Ma voix résonne.

Je joue de ma voix au travail. Je dois vendre des produits. Je souris, je complimente. Le sourire s’entend au téléphone. Je fais de l’humour, je blague pour détendre mon interlocuteur. Et ma voix plaît et la vente est assurée. Je fais les salutations d’usage. Je raccroche en explosant de joie. Yes !!! J’ai  tout vendu.

Un appel privé quand on est au travail : un chuchotement. Je n’ai pas envie que l’on m’entende et surtout pas le chef de service. Chut, trop tard, il m’a entendu.

Ici c’est Brest, Ici c’est Brest !!! Une voix qui crie, qui hurle, à en être aphone. Il faut que mon équipe gagne. C’est ça, être supporter.

Maladroite, je me brûle ou je me coupe en cuisinant. Et je hurle. C’est comme si le ciel s’écroulait mais en fait, ce n’est qu’un petit bobo. J’exagère ma voix…

Souvent toute seule, je parle tout bas, à moi-même. Répétitive, hésitante. Ma voix me permet de resituer les choses, les évènements. Ne rien oublier. Ma voix est mon pense-bête. Que ferais-je sans elle ?

Rachel

 

Ma voix enfant, timide, très très timide, timidité maladive, repliée parce que l’entourage trop protecteur.

Cette voix insouciante qui ne se prépare pas à la vie.

Ma voix adolescente, toujours cette timidité et aussi cette peur ancrée où il faut chercher la cause.

Cette voix, cette peur j’arrive aujourd’hui à la comprendre, à force de chercher des causes et de remonter le temps au-delà du temps connu de ma voix.

Cette voix aujourd’hui s’éclaire et accepte le passé qui l’a aidée aussi à se construire, même si cette voix a été différente suivant les étapes.

Cette voix a sûrement été agressive et bien qu’aujourd’hui. Je pense que ma voix s’apaise et en même temps le chemin vers une sérénité bien acceptée.

Cette voix dont je parle le moins est celle de la vie active, difficile, abrutissante, brève au téléphone, qui n’a pas dû plaire à tout le monde, car très verte et trop dure.

J’espère que cette voix de maintenant cheminera encore pour le meilleur et ce, pour le bien des gens qui m’entourent.

Pour finir sur le huitième bout de papier, ma voix d’aujourd’hui doit beaucoup à ce temps de retraite qui permet de s’intéresser à une foule de choses agréables, ce que l’on ne peut pas se permettre dans une vie active.

Ma voix doit beaucoup à la sophrologie.

Et cette voix un jour se taira !…

Antoinette


 Il y a ma voix professionnelle, celle qui dit  « Bibliothèque de Lampaul, bonjour » à chaque fois que je réponds au téléphone. Une voix joviale, chantante.

Cette voix ne change presque jamais car c’est un rôle. Cette voix joue son rôle de convivialité, avec cette voix j’imagine souvent un petit sourire de mes interlocuteurs.

Ma voix zozotante lorsque j’ai joué Bernadette au théâtre l’année dernière. J’entendais le public dire «  mais si je te dis que c’est elle ». Ma voix était stricte, rauque par moment.

Ma voix grave qu’on dit suave quand je chante des chansons d’ Hamra avec mon papa. J’ai la voix d’un ténor et cela me donne soif à chaque fois.

Je n’ai pas de voix de colère. J’aimerais des fois l’exprimer, cette colère mais cette voix ne sort pas de ma bouche. Elle refuse de s’exprimer. La voix de la révolte m’est inconnue. Je pense que je ne m’autorise pas à dire la colère. Même si je la ressens, je pense tellement que les mots ont de l’importance et qu’ils blessent trop souvent que je ne m’exprime pas dans la colère, de peur de ne pas contrôler la portée des mots, de la voix. Cette voix trop souvent agressive n’existe pas chez moi, je la contrôle pour l’empêcher de sortir et risquer de faire du mal pour le regretter aussitôt.

Ma voix triste presque inaudible qui voudrait qu’on la laisse s’emmurer dans mon corps. Cette voix sanglote, s’efface, laisse place à une grande inspiration. Cette voix apparaît surtout le soir dans mon lit quand mon corps au repos d’une journée très active pense. Mon esprit se souvient et cette voix m’envahit

Ma voix entraînante, encourageante, qui a envie de gagner, qui a envie de réussir. Cette voix de battante qui essaie de gagner la partie face aux autres. Cette voix qui heureusement me pousse à tenir debout. Cette voix qui est en fait la béquille qu’il me faut.

Ma voix chuchotante. C’est celle que je préfère car c’est celle qui exprime tout l’amour que je porte aux miens. Cette voix je l’aime et je l’utilise très souvent car je trouve vital de dire à ceux que j’aime que je les aime.

Nathalie

Ma voix quand elle est sans voix parce que je viens de recevoir un « coup » ! Un coup comme une agression, je ne sais plus quoi répondre, plus rien ne sort de ma bouche et j’ai même une boule au ventre. Je voudrais hurler, répondre, me justifier mais « le coup » est tellement fort, l’attaque est tellement dure et injuste que tout simplement, je  n’ai plus de voix.

Ma voix quand elle zozotte, c’est parce que je suis perturbée un peu, peut-être émue ou gênée ou séduite, je ne sais pas vraiment, je l’entends mais ne peut contrôler ces zozotements et ça m’énerve !

Ma voix quand je parle très sérieusement, quand j’ai de longues conversations philosophiques, quand je refais le monde avec des amis chers. Je l’entends très sérieuse, très calme, très posée. Et quand je parle très sérieusement avec mes enfants, ce qui arrive de plus en plus souvent, elle a le même timbre, le même ton, je me sens celle que je voudrais être dans mon image idéale.

Ma voix quand elle est chevrotante presque parce que je suis à bout. Quand ma patience est arrivée au bout de ses limites et que je l’empêche de devenir une voix qui pleure. Cette voix-là, je refuse de l’entendre et de l’accepter, donc, quand je l’entends dans ma gorge, si j’ai la possibilité, je vais me coucher.

Ma voix qui chante à tue-tête quand je suis dans ma voiture, que j’ai envie de me défouler, de me vider, d’être heureuse et de le montrer ou même d’être émue et de le crier, de crier ces paroles qui me plaisent, de chanter ces musiques, de rêver à ces textes que j’aurais aimé être écrits pour moi. Cette voix qui chante, je l’entends dans la douche, dans la maison aussi et elle me fait me sentir bien ou au contraire, me conforte dans ma tristesse et mon malheur.

Ma voix douce, chaude et séductrice quand je veux quelque chose, quand j’essaie de me vendre pour qu’on me choisisse plutôt que quelqu’un d’autre ou bien tout simplement lors de conversations téléphoniques. Cette voix, je le ressens aussi en écrivant un mail, un SMS, parce que je me parle, j’écris en me parlant et le ton de ce que j’écris vient aussi avec ce que j’écris.

Ma voix vulgaire quand j’entends sortir de ma bouche ces mots qui ne sont pas moi mais que j’ai dû adopter pour m’adapter à un environnement de travail très masculin et dont je n’arrive pas à me sortir. Cette voix fait avoir une image de moi qui ne reflète pas ma personnalité et je ne l’aime pas.

Ma voix, inquiète, qui semble quitter mon corps pour toujours, quand je me sens partir, quand j’ai cru mourir. Je me revois, m’entends demander à mon mari : « Tu diras que je ne veux pas de césarienne » « n’accepte aucune transfusion de sang pour moi, s’il te plaît ». Cette voix, je l’ai entendue à de multiples reprises, j’ai pensé que ces paroles étaient les dernières, cette voix, je ne l’entendrai plus jamais.

Anne-Laure


 Ma voix chantant avec mes filles lors d’enregistrements de chansons enfantines dans leurs premières années.

Voix chantante, douce, racontant des histoires à mes filles le soir avant de s’endormir.

Ma voix criarde lors des éclats de voix pour réprimander les personnes, mes filles étant jeunes, mon frère avec qui je n’étais pas toujours d’accord.

Mes éclats de rire, voix exprimant la joie lorsque l’on se souvient de nos aventures  durant notre jeunesse avec ma famille.

Ma voix enrouée, couverte lors de mon extinction de voix suite à un mal de gorge.

La voix muette de mon mari suite à son opération,  voix qui a disparu et qui revient peu à peu en chuchotant.

Ma voix émue, tremblante lorsque je parle de la maladie de mon mari devant des personnes en leur expliquant le déroulement de celle-ci.

Ma voix forte lorsque je discute avec plusieurs personnes, ma tendance à élever la voix pour me faire entendre et me sécuriser face aux autres.

 Yvette


 Lors de l’enterrement de papa, j’ai lu un joli texte d’Imuvrini qui correspondait bien à sa vie. Je l’ai lu trop vite, une personne m’a demandé si j’étais pressée.

J’avais cinq ans et ma sœur trois ans. Mes parents sarclaient les betteraves et j’avais en charge ma sœur. Elle s’est échappée…perdue. Elle n’a été retrouvée que le soir à trois kilomètres du champ. Elle est arrivée sur le porte-bagage de mon père. Je pensais avoir droit à une engueulade et NON. Ça m’est resté en travers de la gorge. Cinquante-cinq ans plus tard j’ai fait le même chemin qu’elle ce jour-là. C’est dur dur la responsabilité.

Le mercredi quand je ne travaillais pas, j’étais partie pour une balade dans le sud Finistère et nous avons chanté à tue-tête le long du parcours. Il faisait beau.

Papa a fait une échappée, je l’ai rattrapé et il m’a balancé plein de mots désagréables sur ma façon de me comporter. Je suis restée sans voix. Le pouvoir des mots !! Le mal a dit.

Ma sœur et moi étions en vacances chez une tante et des cousines de même âge au Relec Querhuon. C’était la campagne en ce-temps là à côté. Nous avions parlé au garde-champêtre que l’on avait rencontré et raconté cela à la tante… pas le droit de parler aux étrangers. On est bien mieux dans les Monts d’Arrée même si l’on doit travailler après l’école et pendant les vacances. Nous nous amusons ensuite.

Nous jouions autour du feu, le chien derrière nous. Il a sauté sur ma sœur qui est tombée à genoux dedans. Je l’ai arrosée d’eau fraîche de suite, car elle pleurait toujours. Il a fallu aller le dire aux parents, direction docteur. Au retour, elle n’avait pus mal. ouf ! Plus de peur au ventre.

A Saint-Sauveur, je suis allée à un Gospel l’après-midi un dimanche. C’était joyeux, une voix commune, pour finir tout le monde a chanté I love you en chœur. Magnifique. Nous sommes tous sortis le cœur léger et joyeux. Le pouvoir des mots !!

Adèle

Je me tais…

 

La mer, l’infini, la vie qu’elle donne, porte.

Devant cette immensité je suis là.

Je me tais. Silence.

 Maria

 

Je me tais pour ne pas trop en dire

Je me tais juste pour voir les autres causer

Je me tais pour penser, penser à me taire

J’ai envie de leur dire, taisez-vous et regardez !

Tais-toi m’a dit ma mère, ne me parle pas, ne me dis pas cette vérité qui me fera mal.

Et puis non, je ne veux pas me taire, je peux cacher, me cacher, je veux crier, crier, je suis comme ça et c’est moi !

Criez enfants, chantez, parlez tout ce que vous pouvez, dites les choses. Vos choses.

Et bien non, je ne me tairai pas.

Et voilà !

Joëlle

 

 Je me tais ou plutôt j’apprends à me taire.

Je me tais parce que les paroles que je pourrais dire, je les regretterai et je me félicite de ne pas les avoir dites. J’essaie de les canaliser, de les apprivoiser car une parole mal présentée peut avoir des répercussions au-delà du moment.

Je me tais parce que « j’ai dit ». «  Tu as dit ».

Je me tais et la façon de ne pas dire dans le moment précis et pensant si je le dis, la question « Est-ce que ceci dit aurait une valeur, une importance dans le temps à venir, dans vingt ans ? » Alors mieux vaut ne pas le dire. « Je me tais ».

Antoinette


 Je me tais, c’est que je n’ai rien à te dire.

Je me tais car le silence est d’or.

Je me tais car tout vient de l’intérieur.

Je me tais car je suis bien avec moi-même.

Je me tais, seuls tes yeux parlent.

Je me tais, les mots font plus de mal qu’une gifle.

Je me tais et mon corps n’en peut plus.

Je me tais et j’écoute mon corps.

Je me tais et savoure le silence.

Je me tais et le temps n’existe plus.

Je me tais et écoute les mots (maux)

 Adèle


Je me tais quand j’ai compris mes torts. Oui, ça m’arrive.

Je me tais quand mon père me parle. Ce respect du patriarche est naturel.

Je me tais pour éviter une dispute. Je n’aime pas les conflits.

Je me tais quand on m’ordonne de me taire.

Je me tais pour entendre le cri d’un enfant. Ai-je bien entendu ?

Je me tais quand j’ai peur d’en dire trop.

Je me tais quand j’écoute un ami qui a besoin de mon silence pour librement s’exprimer… sans jugement.

Je ne me tais pas face à l’injustice.

Je me tais quand on me parle pour ne rien dire. Du coup, les personnes se désintéressent de moi et parlent pour ne rien dire à quelqu’un d’autre.

Je me tais parce que j’ai besoin de me taire. Le silence.

Je me tais quand on m’annonce une triste nouvelle et je pleure.

 Rachel


 Lors des conversations où les opinions divergent et où je suis face à une personne bornée, têtue même si j’ai raison parfois, je me tais.

Je me tais lorsque l’on regarde un film à la TV.

Je me tais lorsque je rentre dans un lieu chargé d’histoire, dans un lieu de recueillement.

Je me tais lors d’une conversation sur une personne et que celle-ci surgit à l’improviste.

 Yvette


 Je me tais parce que j’ai honte de parler devant mon père.

Je me tais parce que je suis choquée de ce qui m’arrive et je me demande ce qui va suivre.

Je me tais parce que je m’endors.

Je me tais pour me concentrer.

Je me tais, c’est tellement beau ce qui se dit.

Je me tais parce que je suis fatiguée, harassée, et qu’il vaut mieux que je ne parle pas.

Je me tais mais je suis gênée.

Je me tais parce que je n’ai plus aucun argument.

Je me tais par peur de dévoiler mes sentiments.

Je me tais pour écouter les autres parler mais ça n’arrive pas souvent.

Je me tais quand la conversation autour de moi ne m’intéresse pas, quand je n’ai rien à dire.

Je me tais quand je ne veux pas faire de mal.

Je me tais parce que je n’ai pas besoin de parler pour qu’on se comprenne.

Je ne me tais pas parce que je veux toujours avoir le dernier mot.

Je me tais parce que je sais que j’ai tort mais pour rien au monde je ne l’avouerais.

Je me tais parce que les autres ne se taisent pas et c’est déjà trop bruyant.

Je me tais pour écouter le silence, ça fait vraiment du bien.

Je me tais quand j’écoute de la musique classique, un opéra mais seulement si je ne le comprends pas parce que sinon, je ne me tais pas.

Je me tais quand je sais que si je ne me tais pas, je vais pleurer.

Je me tais mais heureusement qu’on ne peut pas entendre ce que je pense parce que dans ma tête, je hurle, j’insulte !!!

Je ne me tais pas parce que toute la journée, je me tais et que quand je trouve quelqu’un avec qui parler, je ne me tais plus.

Je me tais quand j’entends quelqu’un qui parle, qui parle et qui ne laisse pas parler les autres, il n’en finit pas.

Je me tais parce que je suis très introvertie, très timide.

Je ne me tais pas parce que je suis aussi très nature, très expansive et souvent, je dis ce que je pense et là, je ferais mieux de me taire.

Je me tais parce que sinon, on n’est pas prêt d’aller se coucher !

Anne-Laure

 

Atelier du lundi 16 juin

Je leur parle de Charles Juliet, de son histoire et de celle de ses deux mères, qu’il évoque dans Lambeaux.  Je leur lis ensuite un autre texte de Charles Juliet,  « Ecrire la voix », dans lequel il parle de son rapport à l’écriture « Ecrire, ce fut dès l’origine tenter de retrouver le timbre et le rythme de la voix du corps avec les mots que formait ma plume » « Ecrire la voix, c’est simplement transcrire les mots de cette voix qui ne cesse de murmurer dans le silence de ma nuit« . Il évoque aussi  son extrême sensibilité aux voix et en fait un inventaire. L’écoute est tangible.

Je propose ensuite que chacun fasse un inventaire des voix qui ont pu le traverser depuis l’enfance jusqu’à maintenant.

Voici les textes écrits ce jour-là:

Inventaire de voix

La voix de mon frère… je ne m’en souviens pas. C’était mon grand frère, il est parti un soir d’un 21 décembre, il avait 21 ans…

«  Tu peux démarrer ma moto parce que demain, elle part, « je l’ai vendue ».

Il n’est pas rentré et sa moto non plus…

J’avais dix-sept ans et je ne me souviens plus de sa voix !

 

Papa

Un homme, un personnage, du charisme.

Sa voix puissante, sa force tranquille inspiraient le respect.

Tu me manques chaque jour.

 

Et ma voix.

Parfois autoritaire, parfois catégorique, impulsive. Mais je pense trop forte pour cacher ma vérité, une faiblesse : mon manque de confiance en moi.

: forte pour montrer qu’il faut ne jamais baisser les bras.

: autoritaire pour prouver que l’on peut tout surmonter.

: impulsive parce que c’est la vie.

La voix cache parfois la personnalité profonde de l’individu.

 

Joëlle


 

La voix grave de mon père lorsque celui-ci élevait la voix pour nous réprimander

La voix douce de ma mère lorsqu’elle nous consolait

La voix criarde de mon frère lors de nos disputes

La voix aigüe d’un enfant dans la nuit pour nous appeler à l’aide lorsqu’il est malade, lorsqu’il a peur.

La voix plaintive d’une personne qui appelle à l’aide, un enfant lorsqu’il tombe, l’adulte lorsque la mort vient frapper un être cher

L’appel d’un enfant lorsqu’il a faim

Le cri des enfants lorsqu’ils jouent

Les éclats de rire de ma sœur lorsque l’on se rappelle les souvenirs d’enfance

La voix chargée d’émotion lorsqu’on vous annonce une mauvaise nouvelle

Et ma voix criarde et forte qui domine celle des autres personnes présentes par moment.

 

Yvette


 

Voix des gospels dans l’église de Saint-Sauveur, salvatrices, heureuses

Voix de Sylvie, joyeuse, rapide

Voix de P. caverneuse

Voix de Soan stridente

Voix de papa, forte, autoritaire

Voix de Monsieur Quiniou, autoritaire, rauque

Voix de Gisèle, douce et entraînante

Voix de G. résonnante

Voix de grand-mère, punitive, rabaissante

Voix de Michel. Forte ou oubliée, murmurée

Voix de Monsieur Mear, dure, raclante

Voix de Solange, écornée, grave

Voix de P Y D, sauvage, rauque, forte

Voix de B., égale, profonde, paisible

Voix de maman, gaie, chantante, volontaire

Voix de Mathis, révoltante, stridente

Voix de Robert, posée, sûre

Et ma voix autoritaire, forte, volontaire.

 

 Adèle


 La voix de ma mère, celle qui aura été et qui est toujours présente pour moi, avec les souvenirs à la fois si doux et aussi si douloureux

La voix de ma grand-mère qui me rappelle ce côté maternel que l’on peut donner à un enfant même si ce n’est qu’un arrière-petit-enfant et à la fois ce moment de rupture qui fait que la vie vous éloigne de ceux que vous avez de plus cher dans la vie, sans rien pouvoir y faire et sans retour possible pour espérer vivre les moments que l’on n’a pas vécus ensemble.

La voix de mon frère, une des seules personnes à qui je peux tout dire et vis versa. Notre histoire aurait pu nous éloigner mais au contraire elle nous a rapprochés à un point que je n’arriverai pas à décrire, à en rester sans voix.

La voix de mes enfants, les seuls êtres sur terre qui ont fait quelqu’un d’important et qui me le rappellent tous les jours car c’est pour moi le plus grand bonheur qui me soit arrivé.

La voix d’un ou d’inconnus qui fait qu’une rencontre furtive peut vous marquer sans raison apparente avec l’intime espoir que cette rencontre les marque autant que vous.

La voix de ceux qui nous quittent trop tôt et qu’on aimerait entendre encore.

La voix de mon meilleur copain car c’est comme ça et qu’on ne peut pas l’expliquer.

Et ma voix qui appartient maintenant aussi un peu aux autres.

 

 Olivier


 Une voix douce et apaisante reflète peut-être beaucoup de la personne qui la prononce. L’intonation basse et régulière donne le sens de la personnalité.

Une voix autoritaire traduit aussi le trait de caractère.

Une voix criarde, perçante, ne peut être que désagréable à ne point vouloir l’entendre

Une voix enfantine chez l’adulte agace. Désaccord complet de la personne.

Une voix peut-elle exprimer le silence                 Si les mots sont brefs, courts hachés.

Une voix agrémentée d’un accent peut faire penser au soleil

Et ma voix, il me faut l’entendre, est-elle le reflet de ma personne ?

Il serait plus facile à d’autres de le dire.

 

Antoinette


 La voix de mon mari, quand je l’ai connu, justement au téléphone avant de le voir quelques moments après. Elle était charmeuse, charmante, attendue. Elle me faisait chaud au cœur, des frissons me traversaient quand je l’entendais. Elle était belle, comme lui…

La voix d’un ami, chantante, riante, rassurante, rieuse, paternelle, amicale justement

La voix de Marc, pleine de blessures qu’il voudrait garder secrètes mais dont on sait l’origine. Sa voix est pleine d’amour, de famille, de souvenirs

La voix de mamouna qui malheureusement devient vide de sens mais dont je ne veux me souvenir que de sa douceur, sa tendresses, son amour, et ses a priori et sa dureté aussi mais ça, je ne l’ai entendu qu’adulte…

La voix de mes enfants, de ma tribu, de ma famille… En fait ce sont des voix, une multitude de voix qui forment ma famille et je en peux dire de cette voix qu’une chose : un brouhaha, de l’agitation, de l’amour, une complicité familiale que j’aime tant.

La voix d’Alain, mon autre, le même que moi, mon père enfin, mon oncle mais un père, une voix déconnante, qui me rappelle à des moments sur la plage étant plus jeune, l’idéal, peut-être même mon modèle, mon idéal, celui qui m’a révélé des passions. Une voix masculine à qui j’ia toujours cherché à paire, une voix que je voulais rendre fière.

La voix de Do, très rassurante, introvertie, presque renfermée. Séduisante même.

La voix de Christine, frustrante, qui me stresse quand c’est une voix qui « donne des leçons », qui juge un peu mais qui est aimante

La voix de ma mère qui a changé depuis notre dispute, mais une voix de mère

Et ma voix, que je n’entends pas en réalité mais qui me semble criarde, très forte, peu féminine, peu maternelle mais de plus en plus et qui sort malgré moi beaucoup trop de vulgarités mais on la dit chaude et séduisante parfois…

 

Anne-Laure


 La voix de ma mère : un débit de parole qui n’ont ni queue ni tête. Elle raconte des évènements qui n’ont aucun lien entre eux avec des moments de rire ou de fou rire. Voix communicative.

La voix de ma petite sœur : elle aboie parfois. Son caractère fort surprend et son intonation est brute. Ses phrases sont courtes, abruptes, remplies de franchise.

La voix de mon père : militaire, tu n’as pas intérêt de le dévier du sujet. Et en quelques mots (bien choisis), je commence à pleurer. Le respect que j’ai pour lui fait que je n’ose pas le contredire ou argumenter mon point de vue.

La voix d’une amie, Carole : plusieurs voix. Allumeuse et sensuelle et ironique. Elle me fait rire car elle imite beaucoup les filles écervelées et qui jouent de leurs atouts physiques. Sexy : si j’étais un homme, rien que sa voix me mettrait en ébullition.

La voix d’un ami normand : apaisante et compréhensive. Sa voix me déstresse. Du coup, je l’appelle souvent.

Et ma voix : elle n’a pas besoin de micro pour que l’on m’entende. On m’a souvent dit que j’avais une jolie voix. Utile pour le métier que j’exerçais chez Gad.

 

Rachel


 La voix de maman rassurante, enveloppante, paroles encourageantes, voix douce, aimante et la rupture, la voix de maman pendant la maladie, elle subit une greffe de moelle osseuse, elle est sous morphine, sa voix est sèche, vide des sentiments, agressive, cette voix est étrangère, elle s’est trompée de corps.

Les voix de mes trois garçons pleins de vie, des voix enfantines, des éclats. Voix joyeuses, câlineuses, charmeuses, parfois timides. J’ai besoin de leurs voix pour vivre. Des voix qui le soir deviennent chuchotement à l’oreille pour se souhaiter une bonne nuit.

Et ma voix fragile.

 

Nathalie


 La voix du père, dure, sévère, autoritaire qui cloue la possibilité de répondre. De s’exprimer.

La voix de la sœur aînée. Parfois douce, parfois aigre. Voix de l’adolescente instable où je ne peux pas me lover.

Voix d’une autre sœur, piquante, agressive.

Voix du frère, la voix qui mue, la voix qui se cherche, qui veut s’affirmer.

La voix du petit copain, compréhensive. Tendre. Qui met à l’aise.  La voix qui accueille.

La voix des personnes âgées, hésitante, éraillée.

La voix des adultes la soir à la veillée, lourde, fatiguée, lasse de la journée harassante et qui malgré tout raconte les faits passés, les commentaires, les histoires de voisinage.

Les voix des enfants de l’école, gaies, joyeuses.

La voix cristalline, mais la voix de la chamaille des disputes lors des récréations.

La voix des amies qui sollicite la confidence, qui cherche une oreille attentive

La voix qui s’esclaffe de bonheur.

La voix lourde de chagrin, où les sons ne peuvent sortir.

Et ma voix : timide, qui a des difficultés pour s’exprimer, voix hésitante.

 

Maria

 

 

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