Landerneau

Découvrir le territoire de Landerneau par ce que m’en montrent et m’en disent les habitants

Je remercie sincèrement Izabela, Marievic, Midori, Nana, Nathalie, Thérèse  et Sandrine de m’avoir emmené sur « leur » lieu, de m’en avoir parlé, de l’avoir filmé et d’être venues enregistrer leur voix en off.

A Landerneau, terre d’accueil, j’ai entendu des voix parler d’autres langues que le français.

Izabela présente son film en deux versions: français et polonais.

Marievic présente son film en deux versions, français et tagalog, langue parlée aux Philippines.

Midori parle français et japonais sur le même film.

A partir des entretiens retranscrits, chacune a réécrit un texte qui est présenté à la suite du film.

Je suis Izabela. Je travaille à Leclerc à Landerneau comme femme de ménage. Il y a quatre ans que je suis en France. Je viens de Pologne. Pour aller à notre maison en Pologne, il y a 2100 kilomètres. Il n’y a pas beaucoup de polonais en Bretagne, mais nous avons quelques amis polonais.

Le plus difficile  au début était la barrière de la langue. Je parle en anglais, mais ici il n’y a pas beaucoup de personnes qui l’utilisent. Je travaille juste le matin et l’après-midi j’ai la possibilité d’apprendre la langue française.

Dans deux ans, je voudrais recommencer mes études pour travailler dans mon domaine : l’enseignement.  J’aimerais enseigner le français aux étrangers.

Izabela

 

La vie est belle

J’ai ma famille aux Philippines, mon père habite chez mon frère, c’est lui qui s’occupe de mon père. J’ai trois frères : Earl et Randy travaillent en Arabie Saoudite et Certo au Qatar, c’est difficile de trouver du travail aux Philippines, les salaires sont bas.

J’allais à l’église deux fois par semaine, mercredi et dimanche.

Le 14 mai, c’est l’anniversaire de mort de ma mère, ma famille aux Philippines a préparé une fête, mangé le cochon grillé ( letchoa). Toute ma famille est là, mes trois frères et moi, nous sommes avec eux grâce à Internet. Avec Skype, on a vu toute la famille.

Je suis contente ici en Bretagne, mon mari est sympa, on ne se dispute jamais.

Je voyage beaucoup avec mon mari : en République Tchèque, Italie, Allemagne, Birmanie etc…Surtout dans mon pays, les Philippines. J’ai aussi visité la France, Paris, les Alpes du sud, Saint-Tropez, Marseille etc…

Marievic

Aujourd’hui je vais parler un peu à propos de mon changement quand je suis venue en France.

En premier, j’ai dû cuisiner tous les jours.

Quand j’étais au Japon, je n’ai pas cuisiné souvent.

J’habitais avec ma famille, je n’avais pas besoin de cuisiner.

Maintenant, je comprends les sentiments de ma mère et grand-mère. quel bonheur d’entendre : « Délicieux ! »

Après, j’ai senti que mes capacités devenaient plus grandes.

Ce qui est normal au Japon n’est pas normal en France.

Ce qui est normal en France, n’est pas normal au Japon.

Il n’y a pas ce qui est bon et ce qui est mauvais.

Juste, je pense que c’est une façon de voir.

J’augmente mes choix.

Enfin, je me suis aperçue que je vis dans un environnement heureux avec mes personnes importantes.

Ma famille et mes amis au Japon m’encouragent.

La famille de mon petit ami et mes amis en France me soutiennent et mon petit ami me protège.

Je veux prendre soin d’eux et progresser.

Midori

 

 

L’espoir de vivre

Je suis née le 15 août 72 au Niger. Je suis arrivée en France en 90, j’étais mariée à un militaire. J’ai divorcé.

Avant j’habitais à Toulon et j’ai déménagé pour m’installer en Bretagne, une ville qui se nomme Landerneau. Depuis, c’est pas facile, le climat, il pleut beaucoup, peu de soleil et changements de températures. La mentalité des gens n’est pas pareille. Ça n’a pas été facile pour moi. J’ai trouvé du travail à l’hôpital de Landerneau. Après je n’ai fait que des remplacements, à la piscine, la maison de retraite, la maison des handicapés. Suite à cela, je me suis inscrite au Relais Travail. J’ai rencontré des gens uniques et formidables comme Béatrice, Sylvie, Fabrice. Grâce à eux, j’ai trouvé du travail pour pouvoir payer mon loyer et m’acheter de la nourriture. J’avais mon permis. J’avais peur de conduire. Ils m’ont aidée financièrement pour que je puisse prendre des leçons de conduite. Ils m’ont orientée vers un stage « Estime de soi ». C’est là que j’ai rencontré Yann et Maryse qui m’ont beaucoup aidée, pour le moral, beaucoup apporté de la confiance. Ils m’ont orientée pour apprendre à lire et à écrire. C’est là que j’ai connu Hélène. Elle m’a beaucoup aidée. Maintenant, j’ai confiance en moi.

Vous voyez, tout ça, c’est grâce à Relais Travail. Le mot ne suffit pas pour exprimer  ce que je sens. Merci beaucoup pour tout ce qu’ils ont fait pour moi.

Nana Issa Manzo

 

Entreprise

Entre 2001 et 2007, j’ai travaillé au siège du Crédit Mutuel. Je travaillais dans le secteur-1. Je m’entendais bien avec les collègues de travail, et certaines filles. Il y avait quatre filles avec moi, qu’on s’entendait bien. Il y avait Sylvie, Jacqueline et Jeanne. Dans les bureaux, ils m’aimaient bien. A chaque fois que je faisais le ménage, j’avais des croissants, des crêpes, du champagne… Ils étaient très contents de moi. Je faisais le CMB, après je faisais l’AB Médical, aussi le matin, après le Bigeois le soir, la Caisse d’Epargne, et après je faisais TFN, les bureaux, chez Honoré. Tout ça dans la même journée. J’ai travaillé aussi à Karskao, un peu plus bas. C’était pour Abilis.

J’ai été contente de revoir Véronique et Yann.

Véronique, il y a sa famille qui est à côté de chez mes parents, sa maman habite là-bas, je les connais bien. Yann, lui, il me faisait rire, on parlait de foot, on parlait de tout.

Nathalie

 

La route de Quimper qui mène vers Daoulas

C’est le coin vers chez moi. Au loin, il y a le canal de l’Elorn, une forêt, un champ de vignes,  au lointain plein de maisons. Je suis entourée de maisons, autour, des oiseaux, des renards, chemin de fer où le TER passe et tout près c’est mon domaine. Ça fait cinq ans que je suis là sous le soleil, la pluie, le vent et parfois des tempêtes. Je me suis beaucoup plu. L’été sur la terrasse, je mets une table, des chaises et des chaises longues pour s’allonger. J’installe la piscine, le trampoline, la balançoire. On fait des petites bronzettes sur la terrasse, sans oublier la crème bronzante. Sans oublier une bouteille d’eau ou bien du thé, du café, infusion autour de biscuits.

Le jardin demande beaucoup d’entretien aussi entre la bordure, la pelouse, la haie. Voici ma maison de location j’ai aussi un pommier et  un noisetier dans le jardin.

Je suis au bord de la route là où il y a beaucoup de passage, des voitures, des camions, des motos des avions dans le ciel, des tracteurs. Souvent les beaux jours arrivent, les motos font leurs sorties le dimanche entre potes.

De l’autre côté de la route se trouve un champ de moutons en face de chez moi. Voilà, ce jour, pas de moutons et brebis. Le matin, quand je pars où quand je reviens, à chaque fois qu’elles me voient, c’est des bêêêê… Je leur donne du pain dur, elles viennent au galop. Je suis un peu déçue qu’elles ne soient pas là sinon cela était magnifique de parler aux moutons.

Et voici Shanone qui arrive avec sa chaise et s’installe avec un joli sourire.

Sandrine

 

 

Atelier du vendredi 13 juin.

Aujourd’hui, je leur parle de Charles Juliet, de son histoire et de celle de ses deux mères, qu’il évoque dans Lambeaux. Il me semble que c’est un texte qui peut les intéresser. J’en lis le tout début. L’écriture de Charles Juliet est simple, sensible.  Elle les touche. Je leur lis ensuite un autre texte de Charles Juliet,  « Ecrire la voix », dans lequel il parle de son extrême sensibilité aux voix et en fait un inventaire.

Je propose ensuite que chacun fasse un inventaire des voix qui ont pu le traverser depuis l’enfance jusqu’à maintenant.

Voici les textes écrits ce jour-là:

 Inventaire de Voix…

La voix de mon père était si violente qu’il faisait très peur, on avait tous peur. Il était très violent dans ses mots et paroles, cela m’a marqué terriblement dans mon enfance. Cela était très pénible et très dur. Avec ces années passées, je n’ai vécu que dans la peur.

Quand j’ai été mère pour la première fois, j’ai eu mon premier appartement. J’entendais une voix. Je m’isole dans une chambre et je pense, je parle et plus je parle, je parle à un mur. Je ne m’en suis pas rendue compte jusqu’à ce jour où ma mère me rend visite et me dit que je parle toue seule. A la fin, cela me faisait très peur.

Quand j’étais jeune, vers six, sept ans, ma mère nous faisait très peur : «  Si vous chahutez, madame la nuit va arriver. » Et voilà que Boum Boum derrière les volets, c’est madame la nuit. On a pris tous peur, la peur de partout. J’avais peur de l’orage aussi. Avec les années passées, avec l’orage, je mets la musique forte, la lumière partout…

Quand j’allais à l’école en CM2, le prof a été très méchant envers moi, la règle au bout des doigts, il m’a tiré les cheveux. J’en ai pleuré. Je ne voulais plus retourner à l’école. Tout ça, je ne sais plus pourquoi, tout a chamboulé en moi.

Sandrine

 

La voix de ma plus grande fille quand elle rentre après l’école est comme la chanson des oiseaux qui se réveillent le matin, heureuse et pleine de mélodies différentes. Le ton de sa voix change avec les heures qui passent, jusqu’à la soirée et sa fatigue après la journée intensive. Finalement, la place d’une vivante mélodie, prend la voix délicate d’un souffle régulier. Elle dort.

Izabela

 

La voix de mon père, silencieuse au quotidien mais toujours présente même en son absence

La voix de ma mère, remplie de sourires et de fous rires

La voix de mon plus jeune frère, réservée mais complice

La voix de ma sœur, rassurante et chantante

Ma voix, cette inconnue…

 Florence

 

 

La voix de mon grand-père dont je n’arrive pas à me souvenir maintenant qu’on en parle

La voix de ma sœur qui est la même que celle de ma mère qui est la même que la mienne qui est la même que celle de ma tante.

La voix de mon fils qui m’appelle tous les matins, et celle de ma fille qui entend sa voix.

La voix de ma grand-mère qui tout en me racontant ses souvenirs, me glisse deux ou trois conseils.

La voix grave de ma nièce de quatre ans, étonnante pour ce tout petit bout de femme.

Hélène

 

La voix de ma mère est agréable et gentille.

Elle me rassure.

 

La voix change suivant notre sentiment

Heureux, excité, triste, horrible…

 

Parfois je puis comprendre les sentiments de ma famille avec seulement leur voix.

 

La voix est très importante.

Midori

 

Ma voix qui parle fort

Ma voix qui crie après Christine ou ses enfants

Ma voix qui dit doucement devant les autres

Ma voix qui se tait quand je dors

La voix de ma mère plus douce que celle de mon père qui criait

La voix difficile à comprendre de ma femme avec le fort accent portugais quand elle est arrivée

La voix des deux enfants que j’ai élevés, l’aînée Marie-Thé et Cécile. La voix de Marie-Thé ressemble à celle de sa mère, elle n’a pas peur quand elle doit dire quelque chose.

La voix de Jeanne d’Arc dont je ne sais rien.

La voix de ma femme quand elle a vite appris le français.

Jean-Paul

 

La voix des chansons que fredonnait sans cesse ma grand-mère

La voix bienveillante de ma mère et sa méthode syllabique

Les silences parlants de la voix d e mon père et ses «  Tu sais Christine, » ou «  Tu sais pépé » le prénom qu’il m’avait donné

La voix de mon frère Bernard, parti… et ses lectures poétiques, le son grave qui monte et se retient, par moment

La voix de Jojo à L’ile de Sein au milieu du troquet avant la maladie

Christine

 

 

Quand on entendait la mobylette, c’était mon père. Quand il rentrait le soir à la maison, il parlait très fort parce qu’il était fatigué de sa journée. II ne fallait pas parler car nous étions nombreux. Ma maman préparait le repas. Elle chantait très souvent quand elle repassait aussi.

Moi aussi, quand je rentrais du travail, j’étais aussi fatiguée mais rien que de voir mes enfants venir me chercher, je me radoucissais.

Thérèse

 

Ma voix, c’est mes blessures. Ma voix, c’est moi. Ma voix c’est mon histoire, pardon nos histoires. L’histoire de ma sœur née le même jour que moi, identique à moi-même. Ma voix, c’est une partie douloureuse de mon enfance. Ma voix s’est tue pendant quinze ans. Toute mon enfance vécue en duo inséparable de ma sœur et puis enfin quinze ans, la délivrance physique, émotionnelle pour enfin vivre et s’exprimer. Et de nouveau ce sentiment de dualité avec ma sœur. Alors la séparation, le déni, le sentiment d’injustice. Et puis la vie, la découverte de mon individualisme. Pour de nouveau rentrer dans une communauté très masculine, pour prendre une voix dure et froide. Avoir le sentiment de n’être plus qu’un nom, ne pas pouvoir s’exprimer sans demander l’autorisation.

Avoir envie de crier l’injustice et le pardon.

Avoir envie de susurrer des mots doux.

Avoir envie de se taire et ne pas pouvoir.

Avoir l’objectif de rester calme.

Et maintenant une nouvelle voix plus à l’écoute.

Nadia

 

 

Les maîtresses crient sur les enfants pour rentrer à ‘école

La voix de la sœur de maman qui parle fort

La voix des enfants qui jouent dehors

La voix de dehors qui crie

Une voix forte au téléphone

La voix quand je parle à mes filles quand elles sont sages

La voix de Sandrine quand elle téléphone. Elle parle fort.

Une voix douce de mon mari, amour heureuse.

Nathalie

 

J’imagine la voix de mon père que je n’ai pas connu : je l’entends, elle me murmure de tendres mots à l’oreille

La voix de miel de mon amoureux qui m’emplit de bonheur

La voix de maman remplie de larmes, une lettre arrivée ce matin la fait pleurer

La voix de mes enfants : aigüe, claire, rieuse, joyeuse, hurlante, effrayée…

Ma propre voix : parfois elle m’effraie, alors je la déteste ; parfois elle m’enchante : elle est gaie, chaleureuse, enveloppante.

J’aime la voix de mon beau-frère, quand il parle français : elle est forte et douce, avec un accent qui nous apprend d’où il vient.

Nicole

 

La voix chevrotante de mon grand-père racontant sa vie d’avant

La voix douce et chaude de mon père nous disant un poème

La voix joyeuse d’un enfant accueillant son meilleur ami

La voix triste d’un ami à qui on fait de la peine

La voix autoritaire d’une maman qui réprimande son enfant

La voix mélodieuse de ce chanteur de variété

Henriette

 

 

 

 

 

Déplacement à Saint-Malo dans le cadre du festival Etonnants Voyageurs le samedi 7 juin 2014 

Textes écrits par La Médiathèque de Landerneau et par les participants à ce voyage

Avec un groupe constitué d’adultes de la Maison des familles de la Maison pour tous / centre social et des ateliers des savoirs fondamentaux de l’IBEP, nous avons choisi de réaliser un abécédaire des lieux.

Le point d’orgue de notre projet : aller à Saint Malo au festival Etonnants voyageurs, y rencontrer un écrivain et visiter des expositions.

En s’appuyant sur le quotidien, les lieux de tous les jours et une visite hors du commun, notre objectif est de créer un livre sous forme d’abécédaire.

Chaque vendredi depuis la mi-mai, nous nous retrouvons pour des ateliers d’écriture à la médiathèque avec Hélène de l’IBEP.

Nos souhaits : stimuler l’imagination, redonner du goût pour la lecture et l’écriture dans le plaisir, faciliter l’accès au plus grand nombre à la lecture et la culture, prendre le temps d’écrire et de lire.

Une journée pas comme les autres…

Samedi, 8h, soleil voilé

Tout le monde est là autour du fourgon, avec le sourire !

Et c’est parti pour 2h30 de route, en convoi. Nous sommes 13 à partir à la conquête de Saint Malo. Notre but : se promener autour des remparts, rencontrer Ahmed Kalouaz, écrivain, et aller au festival Etonnants voyageurs.

Mais les étonnants voyageurs au fond, n’est-ce pas nous ?

Notre groupe est étonnant, détonnant même : jeune, moins jeune, avec des parcours de vie tellement différents qu’au fond les deux choses qui nous réunissent ce samedi c’est la simplicité et la curiosité de découvrir.

Pas d’a priori, un grand respect pour la lecture et l’écriture, et une envie de prendre l’air !

 

Arrivée à saint Malo, 10h30.

Tout le monde se dégourdit les jambes. Point de départ la porte Saint Vincent, à nous Intra-muros et les remparts de Saint Malo.

Petite promenade, la ville est encore calme, elle se réveille tranquillement.

La mer, calme elle aussi (trop peut-être…), et le soleil qui perce. Décidément une bonne journée s’annonce pour nous.

 

Arrive tranquillement l’heure de reprendre quelques forces, nous migrons vers la bibliothèque où la Place du marché aux légumes et ses bancs nous attendent pour un pique-nique !

Ahmed Kalouaz nous rejoint, puis Frédérique Niobey arrive à son tour. Et c’est autour d’un petit café que s’achève notre déjeuner !

Place maintenant à un échange autour des livres, des lieux, de l’écriture avec Ahmed Kalouaz.

La bibliothèque intra-muros nous accueille chaleureusement dans une petite salle. Cette bibliothèque se trouve dans un bâtiment très ancien avec un imposant granit qui nous rappelle notre région.

Ahmed nous explique comment les petites choses qu’il observe, une inscription sur un mur par exemple, nourrisse son écriture. Son petit carnet qui l’accompagne lui permette d’écrire au gré de ses pensées. L’échange continue dans la spontanéité ponctuée de lectures, d’histoires de cartes postales, de vagues, etc. Ahmed dédicace à chacun sa Fugue bretonne (Ed. le bruit des autres).

La magie a opéré. En sortant, muni chacun de leur petit carnet, tout le monde se prend au jeu, et l’envie d’écrire, de s’exprimer, de coucher sur le papier ses pensées est bel et bien là, quelques soient les difficultés.

 

Fin de la journée au festival Etonnants voyageurs. Le palais du Grand large nous attend avec ses nombreuses salles, son public d’habitués. Munis de nos bracelets de festivaliers, nous retrouvons Lénaïck Durel, commissaires des expositions du festival. Elle nous offre une visite guidée autour de l’exposition « Animal mon frère ». Cette exposition présente des originaux d’illustrateurs jeunesse où l’animal est roi !

 

Nous en avons plein les yeux, les oreilles, et les jambes. Il est temps pour nous de retourner à l’autre bout de la Bretagne.

Sourires aux lèvres, notre convoi reprend la route.

 

Samedi, 20h, grand soleil

Landerneau, nous revoilà !

 

Texte d’Ahmed Kalouaz

Les collines baissaient les yeux

sur les derniers rayons rasant du soleil,

arbres debout que l’ombre étire infiniment.

     Une femme marche sur les remparts

la tête tournée vers le large, vers la poésie des vagues

d’un mot à l’autre, moment qu’elle attendait depuis longtemps.

     Mais l’océan étalé sur le sable,

n’est pas celui dont elle avait rêvé.

Elle espérait voir des vagues du bout du monde

venir se fendre sur les pieux briseurs de lames.

     Elle voulait un navire fantôme sortant du brouillard,

le « Pourquoi pas » revenu de son berceau de glace,

un peu de temps aussi pour laisser sur le granit des pavés

ce mal de mer qui la suit sur les chemins de Landerneau.

     Dans les vallons dessinés par l’Elorn,

elle veut aller parfois,

et s’asseoir un livre en main,

tourner les pages du destin où les mots prennent source.

     Sur le navire des mots pris dans la glace

a pris place un équipage de marins écorchés

prêts à prendre à l’abordage, la virgule, le point,

et toutes les interrogations.

     Les collines baissaient les yeux au couchant,

le rouge aux joues, la langue lourde,

dessinant sur les lèvres, quelques beaux souvenirs.

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